jeudi 11 décembre 2008

aventures en moto au cambodge (suite)


3) dimanche 16 novembre: Kompong Cham - Siem Reap
(agrémenté d'une courte digression sur la valeur comparée des bières d'Asie !!!)

réveil matinal au bord du Mékong: chouette: temps splendide; petit mauvais moment à passer: enfiler les affaires encore humides de la veille (les chaussures notamment!); puis quick breakfast et départ le long du Grand Fleuve (grand fleuve que j'imaginais plus large à la hauteur de Kompong Cham; enfin le pont fait quand même près de deux kilometres!);
notre programme est de gagner Stung Trang (à ne pas confondre avec Stung Treng vers le Laos) en longeant la rive ouest du Mékong sur 40 kms, puis à l'ouest toute jusqu'à Spoe Tbong puis emprunter la R71 qui nous ramènera sur la R6 un peu avant Kompong Thom, puis R6 jusque Siem Reap: programme que nous accomplirons scrupuleusement, contrairement à hier.

nous commençons par emprunter une petite route qui se transforme très vite en chemin relativement boueux et creusé d'ornières: cela devient très vite du tout terrain; nous sommes ravis et nos XR400 également: le ciel est bleu et notre ami le Mékong ne nous quitte pas: traversées de petits villages, de marchés le long du fleuve où les gens s'écartent gentiment pour nous laisser passer avec un grand sourire, cris des enfants alertés par le bruit de nos gros monos qui accourent pour nous saluer, et auxquels nous ne pouvons pas toujours répondre car sur un tel terrain il ne s'agit pas de lâcher le guidon ! certains même, guère agés de plus de 10 ans, enfourchent une motocyclette pour nous accompagner durant quelques kilomètres, et je dois avouer que j'ai quelque mal à soutenir la cadence de certains d'entre eux; le paysage est idyllique: forêt et rizières le long du fleuve et nous nous arrêtons par moment pour admirer, aussitôt entourés par enfants et adultes avec qui nous échangeons quelques mots (anglais !!!): que du bonheur !!!
environ 2 heures plus tard (pour 40 kms!) nous arrivons à Stung Treng où nous quittons le Mékong pour rattraper la R71 à Spoe Tbong; la route, d'abord en bon état, nous permet de retrouver un rythme plus soutenu, mais pas pour longtemps: très vite un tas d'obstacles se présentent sous forme d'énormes convois de troncs d'arbre, de ponts en planches disjointes, de longs passages en terre battue, de troupeaux de vaches; ma rencontre avec l'un de ces paisibles ruminants a d'ailleurs failli mal finir quans je me suis rendu compte au dernier moment que cette brave bête qui broutait tranquillement sur le côté droit de la route était en fait attachée par un cordage à un arbre situé lui sur la gauche de la route ....évitement en catastrophe mais pas de bobo; ces mauvaises conditions continuent sur la R71, route où tout est magnifique sauf....la route elle même; mais après tout c'est pour ça que nous sommes venus...
nous rejoignons enfin la R6 et c'est sans problème que nous atteignons Kompong Thom où nous nous arrêtons pour ravitailler nos montures et nous mêmes.
j'avais fait étape il y a quelques années à Kompong Thom (Rosane, Bernadette, Marie: vous vous rappellez ?) et j'avais dîné et dormi au Royal Garden Hôtel, un bien beau nom pour le seul hôtel correct de la ville; je pensais m'y arrêter à nouveau pour déjeuner lorsqu'en plein centre ville nous tombons sur un nouvel hôtel restaurant dont j'ai oublié le nom mais qui avait l'air neuf, bien tenu et très fréquenté. Nous garons nos montures et sommes immédiatement pris en charge par une nuée de serveurs et nous retrouvons à la même table qu'un couple d'australiens fort sympas avec qui nous partageons une bonne Tiger Beer (pas assez fraiche !!!)

petite digression brassicole: de mon passé de dirigeant d'une entreprise de brasserie j'ai gardé un goût assez critique concernant ce breuvage universel, et je met un point d'honneur à goûter au cours de mes voyages les bières locales qui, je dois bien l'avouer, sont en général d'assez bonne qualité; j'ai ainsi pu apprécier l'Everest au Népal et la Kingfisher au Rajastan qui, la chaleur aidant, m'ont semblées tout à fait acceptables; rien à dire non plus sur la "bababa" (333) vietnamienne ( 33, ou "baba" en vietnamien, était la marque des Brasseries et Glacières d'Indochine qui, ayant quitté le Vietnam ont continué d'exploiter la marque 33 en France, reprise maintenent par Heineken; les vietnamiens ont simplement rajouté un 3, et l'on trouve ainsi de la 333 ou bababa à HCMC); il me semble également avoir bu de la Myanmar en Birmanie et je crois me rappeller qu'il existe également de la Bagan, mais je n'en suis pas sûr; mais pour moi les deux meilleures sont la Singha thailandaise et la Tiger Singapourienne, et je dois confesser que, par contre, j'apprécie très peu l'Angkor Beer cambodgienne, ce qui explique mon choix à Kompong Thom !!!

Après un bon repas nous repartons pour une après-midi qui s’annonçait tranquille : 175 kms sur la R6, l’excellente route qui va de PP à Siem Reap, et de plus par un temps superbe…
en fait ça ne fut pas si tranquille que çà, car sur une grand route cambodgienne des dangers inattendus guettent le motard occidental et l'obligent à une attention de tous les instants:
d'abord et surtout les trous qui peuvent se présenter brusquement au milieu d'une chaussée parfaite, et le trou cambodgien c'est quelque chose !!! ça peut faire dans le 10 à 20 cms de profondeur et si tu te laisses surprendre en roulant dans les 80-100/kms c'est le vol plané assuré...
il y a aussi le 4x4 cambodgien et le bus cambodgien: alors c'est simple: pour eux tu n'éxistes pas; et comme ils sont toujours plus ou moins en train de faire la course eh bien tu t'écrases ..... sinon c'est eux qui t'écrasent !!!
et puis il y a le cambodgien tout court qui sort brutalement de nulle part et t'oblige à un freinage à la desperado tout en t'adressant un grand sourire...
et puis il y a le chien cambodgien...et la vache cambodgienne
enfin on peut dire que l'on ne s'ennuie pas sur une grand route cambodgienne..;

enfin malgré tout tout allait fort bien lorsqu'à environ 75 kms de Siem Reap j'ai trouvé que la route se dégradait de plus en plus au point d'affecter la tenue de route de ma moto... jusqu'à ce que je réalise que ce qui se dégradait de plus en plus c'était la pression de mon pneu arrière: j'étais crevé !!! (enfin ma roue arrière, pas moi!); très vite alors que je roulais au ralenti je passe devant une sorte de petit atelier d'où quelques jeunes me font signe, et c'est dans la bonne humeur que tout a été parfaitement réparé;

une heure plus tard entrée (difficile: quelle cohue!) dans Siem Reap où nous respectons la ligne de conduite que nous nous sommes fixée: baroud la journée et confort le soir; nous nous rendons donc directement sur la grand place à l'hôtel Victoria où nous avons réservé deux chambres; j'avais gardé un excellent souvenir de cet hôtel au confort raffiné, ce qui n'est pas rare à SR, mais discret et de bon goût, ce qui l'est beaucoup plus. Nous faisons une entrée plutôt remarquée, avec nos vêtements poussièreux, parmi la clientèle huppée qui fréquente ces lieux, ce qui ne nous empèche pas de passer une très agréable soirée entre piscine, bar et restaurant, puis nous gagnons nos confortables chambres pour un sommeil réparateur: demain lever 6h !!!


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